Historique

La commune de Le Fay a une histoire riche en anecdotes et en faits marquants. Elle se distingua notamment  par la présence d’un château de grande envergure avec ses onze tours. Ce château est malheureusement à l’état de ruine aujourd’hui, mais il en reste des vestiges importants.

Nous vous convions à lire ces quelques lignes pour vous permettre d’aborder cette histoire passionnante de la Bresse et de la commune.

Histoire de la Bresse

Les peuplades celtiques se groupèrent par tribus au bord de la Saône, les Eduens à l’ouest de la Saône (rive droite) et les Séquanes à l’est (rive gauche). Domination romaine. Construction de routes, déboisage de forêts, construction de villages. Un des vestiges gaulois à Pierre de Bresse “la pierrerie”, menhir dont les débris ont servi à la construction de plusieurs maisons.
Les feux de la St-Jean célébraient le solstice d’été “fête païenne et gauloise”. Triomphe de Beien,radieux soleil sur le sombre et froid Hiver.
La source de la Vallière à Perrigny était consacrée à ce dieu, on y trouve encore des morceaux de pierre votive, indices de Séquanes qui y venaient en pèlerinage.
La terre du Louhannais renferme divers objets qui témoignent de cette civilisation:

  • Statuette en bronze (Mars, Hercule, Pallas…) à Louhans
  • Taureau d’airain ferré d’argent à Chateaurenaud (peut-être du dieu Bison)

On suppose qu’à Chateaurenaud il y eut un camp romain (ruines, divers débris calcinés, vases, urnes tuiles romaines…)

Ensuite vinrent les règnes des Burgondes et des Francs.
Les Burgondes avaient formé le premier royaume de Bourgogne; la bresse fut tantôt, du royaume de Bourgogne, tantôt du royaume de France. Nom de la bresse au VlIème siècle “Saitus biixiensis, brixia”. Ce nom s’appliquait à toute la rive gauche de la Saône. Plus tard, après le règne de Charlemagne, son empire fut partagé en trois parties :

  • France avec la Bourgogne : Charles le Chauve
  • Italie avec la Bresse : Lothaire
  • Germanie avec la comté : Louis le Germanique

A la mort de Lothaire, la Saône fut considérée comme limite fictive du royaume de Charles le Chauve, la vraie limite était une ligne arbitraire qui passait plus à l’est, par Saillenard, Sagy, et au delà de Sainte Croix, Monpont…
Quelques écoles existaient déjà au VlIème siècle. A cette époque, les vilains habitaient dans des hameaux ou villages. Leurs cabanes étaient construites en terre grasse ou pisé, ou en pans de bois ou torchis, mélange de paille et d’argile, le toit couvert de chaume. II n’y avait pas ou peu de fenêtres, en guise de cheminée, une large ouverture était pratiquée dans le toit. La nourriture était peu variée, les tartes au coumau existaient déjà et étaient réservées pour les jours de fête.
Au XIVème siècle, Savigny en Revermont eut comme seigneur les Boutons du Fay.
En 1477, Louis XI retardant toujours le mariage entre la princesse-Marie de Bourgogne et le Dauphin de Louis XI, celle-ci donna sa main à l’Archiduc Maximilien, fils de l’empereur d’Autriche. La plupart des châteaux se rangèrent alors du coté » de la princesse, dont Branges, Cuiseaux, Bellevesvre, Sagy, Le Fay…
Un des plus grands seigneurs de la région, Emart Bouton, seigneur du fay, auquel le roi avait conservé son titre de Conseiller et de Chambellan et donné en outre la charge de Bailli et Maître des toires de Chalon, était passé, avec le prince d’Orange, dans le parti de Marie de Bourgogne.
En 1449, Emart Bouton, seigneur de Le Fay, acquit une grande célébrité comme Conseiller et Chambellan des Ducs Philippe et Charles de Bourgogne, et aussi du roi Louis XI. Une des branches de cette famille Bouton avait la seigneurie de Pierre de Bresse.

Olivier de La Marche, chroniqueur et poète Bourguignon vécut de 1425 à 1501. Né au château de La Marche à Villegaudin, il était le neveu d’Antoine de La Marche et petit fils de Jean Bouton, seigneur de Le Fay. Auteur du “chevalier délibéré”, du “parement ou triomphe des dames d’honneur”, il écrivit aussi ses mémoires. En 1574, mort de Charles XI. Le nouveau roi,Henri III déclare la guerre aux protestants. La seigneurie de Chateaurenaud appartenait alors a un membre de la noble et illustre famille des Boutons de Le Fay, Théodore Bouton marié à Antoinette de Tenatte, avait embrassé, ainsi que sa femme le parti de la réforme ; Il était ainsi opposé à la “ligue” mouvement catholique, dont le roi s’était proclamé le Chef. Les états de Bourgogne et plus particulièrement certaines villes, refusèrent, malgré la pression du Duc de Mayenne, d’entrer dans la ligue et de signer le “formulaire de la sainte union catholique”.
Une compagnie du Duc de Nemours fut détachée avec quelques canons pour aller faire le siège du château du Fay, qui finit par tomber aux mains des ligueurs. Le 9 avril 1595, le maréchal de Biron, souverain d’Henri IV s’empara du château de Le fay qui était resté aux mains des ligueurs.
1610 : Assassinat d’Henri IV par Ravaillac; règne de Louis XIII.
1636 : Le prince de Condé, gouverneur de Bourgogne déclare la guerre à la Comté.
S’en suivies des représailles de la part des Comtois dans la Bresse, avec le Maréchal Galas. Le château de Le Fay, protégé par ses fortes murailles et ses hautes tours resta au pouvoir des Français. On y mettait alors les prisonniers Comtois, et d’après les registres d’un curé de Le Fay, on y venait enterrer et baptiser ceux de Savigny car leur église avait été « polluée par les Comtois »
Le château de Le Fay, un des plus forts de la région, flanqué de ses onze tours, avec un mur d’enceinte et des fossés profonds avait été longtemps le séjour des premiers seigneurs de ce nom, dont l’héritière, Marguerite du Fay, l’avait fait passer à la maison des Bouton, qui joua un rôle marqué dans les conseils et les armées du dernier Duc de Bourgogne et ensuite roi de France.
Leur seigneurie s’étendait non seulement sur le Fay, mais également sur un vaste territoire à Bosjean, Frangy, Charangeroux, Clémencey, Grandmont… Les Bouton furent aussi seigneurs de Pierre de Bresse, et cette branche de leur maison, qui avait de nombreuses terres dans le comté d’Auxonne et la Bresse Chalonnaise, devait se fondre plus tard dans la maison de Thiard, qui fut aussi une des plus illustres de la région.
Jean Baptiste Bouton, dernier seigneur de ce nom, étant mort sans enfant en 1603, laissa tous ses biens à sa soeur Dorothée qui, la même année, porta par mariage, toutes les seigneuries du Fay, Bosjean, Reauvoir, Sens, La Faye etc… à Alexandre de Saint Maurice, seigneur de Montbarrey.
Ces seigneuries restèrent dès lors à cette noble famille, dont un membre, par son mariage ajouta à ce Comté les terres de Savigny en Revermont. Un des descendants les plus illustres fut le Comte de Montbarrey.
Le château de Le Fay, jadis si renommé, avec ses onze tours, très fort, existait encore en partie au XVIIème siècle, mais était complètement en ruine au XVIIIème siècle.